Par le Dr Marion Delbaere, chirurgien esthétique à Grenoble (Saint-Martin-d’Hères)
L’augmentation des lèvres est l’une des demandes les plus fréquentes en médecine et chirurgie esthétique du visage. Une hantise bien connue l’accompagne souvent : celle de la « bouche trop faite ».
Deux techniques permettent d’obtenir un résultat naturel, mais elles répondent à des logiques très différentes. Il s’agit de l’acide hyaluronique, et du lipofilling (greffe de graisse).
L’acide hyaluronique : la solution la plus courante
L’acide hyaluronique est une molécule naturellement présente dans l’organisme. Je l’injecte pour redonner du volume aux lèvres, atténuer les ridules labiales, ou redessiner leur contour. C’est un produit très bien toléré, sans risque de rejet, avec un résultat visible immédiatement. C’est pourquoi c’est la solution la plus demandée pour une première expérience.
L’inconvénient principal reste sa durée limitée. L’organisme résorbe progressivement le produit, en 9 à 12 mois en moyenne, et plus pour les suivantes. Il faut donc renouveler les injections, pour maintenir le résultat dans le temps. Les suites restent généralement légères : ecchymoses et léger gonflement fréquents, qui se stabilisent en une à deux semaines.
Le lipofilling des lèvres : une greffe de vos propres cellules
Le lipofilling consiste à prélever de la graisse sur une autre zone du corps (ventre, hanches, genoux), à la préparer, puis à la réinjecter finement au niveau des lèvres. Contrairement à l’acide hyaluronique, il s’agit d’une greffe de cellules vivantes. Elle va progressivement se vasculariser, et s’intégrer aux tissus environnants.
Cette technique nécessite une intervention un peu plus invasive, avec un prélèvement de graisse. Le résultat reste aussi moins prévisible dans les premiers mois : une résorption initiale de 30 à 50 % du volume injecté est habituelle, ce qui rend l’estimation du résultat final moins précise qu’avec l’acide hyaluronique. Une fois cette phase de résorption passée, en revanche, le résultat obtenu devient stable et durable dans le temps, sans nécessité de renouveler l’injection aussi fréquemment.
Comment choisir entre les deux techniques ?
Le choix dépend de plusieurs critères, à discuter en consultation.
L’acide hyaluronique convient en général mieux pour une première demande, pour un résultat précis et prévisible, ou pour des retouches ponctuelles et un contrôle fin du volume final. C’est aussi la solution la plus adaptée pour « tester » un certain volume de lèvres, avant de s’engager plus durablement.
Le lipofilling intéresse les patientes qui souhaitent éviter les injections répétées. Il convient aussi à celles qui présentent une zone de prélèvement disponible, et souhaitent profiter de cette intervention pour traiter également une autre zone du visage nécessitant du volume. Il reste en revanche moins précis pour un résultat très ciblé, maîtrisé au demi-millilitre près.
Il n’existe pas de solution universellement supérieure. C’est un choix qui se construit avec chaque patiente, selon ses attentes, sa tolérance aux injections répétées, et son souhait ou non de durabilité.
Éviter la « bouche trop faite »
Avec l’acide hyaluronique comme avec le lipofilling, la clé d’un résultat naturel réside dans le respect des proportions naturelles de la bouche. Je veille au rapport entre lèvre supérieure et inférieure, à la définition de l’arc de Cupidon, et à une répartition harmonieuse du volume, plutôt qu’à une simple recherche de volume maximal. Un excès de produit, mal réparti, cause souvent les résultats jugés disgracieux, bien plus que la technique elle-même.
Les risques et limites à connaître
L’acide hyaluronique expose à des risques rares, mais à connaître : nodules palpables, asymétrie temporaire, ou, exceptionnellement, une injection intravasculaire pouvant entraîner des troubles circulatoires locaux. C’est pourquoi cette injection doit être pratiquée par un professionnel formé et expérimenté, avec une bonne connaissance de l’anatomie de la zone labiale.
Le lipofilling, en tant qu’intervention avec prélèvement de graisse, ajoute les risques classiques de toute petite chirurgie (hématome, infection, asymétrie), ainsi qu’une résorption imprévisible qui peut nécessiter une retouche.
Ce qu’il faut prévoir avant et après le geste
Pour l’acide hyaluronique, aucune préparation particulière n’est nécessaire. Je recommande simplement d’arrêter certains traitements anticoagulants ou l’aspirine sur avis médical, pour limiter les ecchymoses. Pour le lipofilling, une consultation dédiée permet de choisir la zone de prélèvement de graisse, et d’expliquer les suites (gonflement plus marqué les premiers jours, ecchymoses possibles sur les deux zones traitées). Dans les deux cas, évitez les activités sportives intenses et l’exposition prolongée au soleil dans les jours qui suivent.
Quel budget prévoir ?
L’acide hyaluronique reste l’option la plus accessible pour une première expérience, avec un tarif au nombre de seringues utilisées (souvent une seule). Le lipofilling, en tant qu’intervention chirurgicale avec prélèvement de graisse, représente un investissement plus important. Il faut le mettre en perspective avec sa durabilité supérieure, et l’absence de renouvellement aussi fréquent. J’établis un devis précis en consultation, selon la technique choisie et le volume souhaité.
Foire aux questions
Quelle technique dure le plus longtemps ?
Le lipofilling offre un résultat plus durable, une fois la phase de résorption initiale passée. L’acide hyaluronique nécessite, lui, un renouvellement à un an puis souvent tous les deux ans.
Le lipofilling des lèvres est-il plus douloureux que l’acide hyaluronique ?
Il est un peu plus invasif, car il nécessite un prélèvement de graisse. Je le réalise cependant sous anesthésie locale, avec des suites généralement bien tolérées.
Peut-on associer les deux techniques ?
Oui, certaines patientes optent pour un lipofilling puis des retouches ponctuelles à l’acide hyaluronique, ou inversement, selon l’évolution de leurs souhaits.
Comment éviter un résultat trop artificiel ?
En respectant les proportions naturelles de la bouche, et en procédant par étapes progressives plutôt qu’en visant un volume maximal dès la première séance. Je suis plutôt partisane du “pas assez” que du trop.
En consultation
Le choix entre acide hyaluronique et lipofilling dépend de vos attentes en matière de durabilité, de votre morphologie labiale, et de votre tolérance aux injections répétées. Une consultation permet d’en discuter précisément, et de construire ensemble le résultat le plus naturel possible.
Pour toute question ou pour prendre rendez-vous, vous pouvez me contacter au 04 58 17 64 10 ou via Doctolib.





